Des Juifs vécurent dans la région d'Agadir durant des siècles. Dans la vallée du Souss et le long de la côte atlantique, de petites communautés de marchands, d'artisans et de lettrés faisaient partie intégrante de la vie du sud du Maroc.
Dans la ville moderne qui se développa à partir des années 1920 (autour du port, à Founti et sur la colline de Talborjt), la communauté juive d'Agadir comptait plus de trois mille personnes et disposait de trois synagogues, d'écoles, d'une yeshiva et d'un cimetière.
Quant au Tsadik de la ville, Rabbi Khalifa ben Malka, il reposait depuis le 15 août 1760 le long de l'oued Talaininte El Ghezouat, avant que sa sépulture ne soit transférée, le 4 juillet 1946, sous supervision rabbinique, au centre du cimetière actuel.
29 février 1960
À minuit moins vingt, le lundi 29 février 1960, un séisme d'une magnitude de 5,7 sur l'échelle de Richter frappa Agadir.
En une quinzaine de secondes, Founti, Talborjt, la Kasbah et une grande partie de la ville nouvelle s'effondrèrent.
Entre douze et quinze mille personnes périrent, dont plus de 1 500 Juifs. Il demeure l'un des séismes les plus meurtriers du XXe siècle.
La communauté juive fut frappée en plein cœur : des familles entières furent ensevelies sous les décombres de leurs maisons. D'autres victimes, qui ne purent être identifiées, furent inhumées dans la fosse commune située face au cimetière européen de Tildi, cinq cents mètres plus au sud. La majorité des victimes juives identifiées repose dans ce cimetière, faisant de ce lieu l'un des principaux témoins de la tragédie qui frappa la communauté.
La ville fut déclarée dangereuse et reconstruite deux kilomètres plus au sud.
Les survivants de la communauté juive, dont beaucoup avaient tout perdu, partirent, dans les mois et les années qui suivirent, pour Casablanca, Israël, le Canada ou la France.
En quelques années, la communauté juive d'Agadir diminua drastiquement, pour ne plus compter qu'environ 300 personnes au milieu des années 1980, et moins d'une centaine aujourd'hui.
Ce site
Après un premier travail salutaire entrepris par Georges Sebat dans les années 2000, Robert Cabessa et Michael Sicsu entreprirent, en 2025, la création de ce site dédié à la mémoire du cimetière, ainsi que la réalisation des clichés et le référencement de chaque tombe.
L'apport de Yahasra.org, proposant notamment une intelligence artificielle novatrice, permit de compléter et d'enrichir ce travail de mémoire. L'IA intégrée à Yahasra permet de « lire » les tombes et de faire correspondre les dates hébraïques avec celles du calendrier grégorien, pour une recherche plus précise.
Un livre d'or vient désormais recueillir et figer les souvenirs et les ressentis des anciens de la ville comme de ses visiteurs. « L'Arbre de vie » permettra, quant à lui, de prévenir les familles deux semaines à l'avance des hazkarot de leurs proches.
Enfin, un algorithme de classification de noms de famille juifs marocains, développé par le Dr Yohanan Ouaknine, permettra aux visiteurs d'obtenir des réponses intuitives à leurs recherches, notamment en tenant compte des différentes orthographes d'un même nom, comme Levy, Levi, Halioui ou Halevy.
Ce site représente une grande partie de la mémoire de notre communauté. Nous veillerons à ce qu'il soit entretenu avec le même soin et le même respect que le cimetière lui-même.
Michael Sicsu & Robert Cabessa
תהא נשמתם צרורה בצרור החיים
Que leurs âmes soient liées au faisceau de la vie.