Les communautés juives du Nord du Maroc

Le Nord du Maroc

צפון מרוקו

Quand l'Espagne expulsa ses Juifs en 1492, une grande partie des exilés traversa le Détroit et rebâtit son monde sur la rive marocaine. À Tétouan, les megorashim fondèrent la communauté que le monde séfarade appellerait la petite Jérusalem : noms castillans, liturgie castillane, et une langue judéo-espagnole propre, la haketia, parlée dans ses rues jusqu'au vingtième siècle.

Tanger, face à Gibraltar, devint une ville de consuls et de négociants où la communauté juive prospéra dans le commerce et la diplomatie ; ses trois cimetières suivent les routes qui sortent de la vieille ville. Larache et Ksar el-Kébir tenaient leurs communautés sur la route atlantique ; Ouazzane, ville sainte du pays Jebala, gardait la sienne ; et Melilla, l'enclave espagnole, sa congrégation séfarade.

Les tombes du Détroit

Les cimetières du nord portent ce monde hispano-marocain dans la pierre : inscriptions castillanes à côté de l'hébreu, noms de mois espagnols, noms de famille de Tolède et d'Andalousie. À Tétouan repose Rabbi Itshak Bengualid, Baba señor, dont la hilloula rassemble encore chaque année, le 9 Adar, la communauté dispersée.

Neuf cimetières, un seul registre, pour qu'aucun nom du nord juif ne se perde.

Un registre commun

Près de six mille neuf cents tombes du nord sont réunies ici : les trois cimetières de Tanger, Tétouan, les deux de Larache, Melilla, Ksar el-Kébir et Ouazzane. Les registres reposent sur le travail des communautés locales et de leurs sites, dont cementeriojudiotetuan.org et beit-hahayim-tanger.com, dont les photographies restent la propriété.

Collection: Yahasra.org · cementeriojudiotetuan.org · beit-hahayim-tanger.com